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Les poissons "nettoyeurs"
Bien débuter en aquariophilie :: Bien débuter en aquariophilie :: Les poissons tropicaux d'eau douce
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Les poissons "nettoyeurs"
LES POISSONS « NETTOYEURS »
« Nettoyeur de vitres »,
« nettoyeur de fond »,
« femme de ménage »
« Mangeur d’escargots »
Et même « nettoyeurs de plantes »
Ou « Mangeurs d’algues »
Sont des appellations qu’on entend très souvent pour désigner certains poissons. Mais comment qualifier un poisson de nettoyeur ? D’où viennent ces appellations et sont-elles véridiques ?
Gros plan sur ces noms communs français entrés dans les mœurs :
Certes, ces noms sont bien plus simples à retenir et permettent au novice de visualiser plus rapidement l’animal que si on parle du nom scientifique mais ces appellations portent à confusion et peuvent induire l’aquariophile en erreur.
Si vous voyez écrit en animalerie « poisson nettoyeur », c’est un argument de vente destiné à vous faire acheter un poisson soit disant « utile » voire indispensable.
Mais aucun poisson n’est obligatoire dans un aquarium, on n’adopte que les espèces pouvant vivre correctement dans notre installation et que l’on souhaite avoir.

Présentation du Labeo bicolor comme nettoyeur en animalerie...
C'est oublier son caractère difficile et sa grande taile adulte (poisson solitaire à partir de 300 litres pour lui seul)
Mais est-ce qu’il me faut un ou des poissons nettoyeurs pour mon bac ?
Qui dit nettoyeur dit enlever les déchets or les poissons de fond ou les poissons à ventouses ne sont pas des détritivores et même s’ils se nourrissent des restes de nourriture, ils ne les font pas disparaitre puisqu’ils font également des excréments. Ils sont comme tous les autres poissons, ils ont des besoins spécifiques qu’il faut combler pour qu’ils vivent longtemps et en bonne santé.
Il faut comme pour tous les poissons se renseigner sur leur taille adulte, leur mœurs (pacifique, vivant en groupe, plutôt seul, etc.) et quels paramètres sont adéquats pour leur santé (qualité d’eau, température, etc.).
Voici quelques généralités sur les poissons très souvent qualifiés de « nettoyeurs » :
- Les Corydoras (« nettoyeurs de fond ») ont la particularité de rester presque en permanence au fond de l’aquarium pour y fouiller le sol à la recherche de nourriture. Même si cette action soulève quelques particules qui sont alors aspirées plus facilement par le filtre, leur rôle de « nettoyeur » s’arrête là, il faut les nourrir spécifiquement et faire attention à ce qu’une quantité suffisante de nourriture tombe au sol.
Ils ont besoin d’une eau douce et acide. Certains atteignent une taille honorable (entre 6 et 8cm pour les Corydoras sterbai ou Corydoras paleatus), d’autres sont des Corydoras nains naturellement (2 à 3cm maximum pour Corydoras pygameus ou Corydoras habrosus).
Tous les Corydoras sont grégaires, la vie en groupe est primordiale pour eux. Il faut prévoir 6 individus au minimum (de la même espèce) voire plus suivant l’espèce qu’on désire et la taille de l’aquarium.
Il faut faire attention à ne pas les faire cohabiter avec des poissons pouvant les malmener et penser à un sol non coupant car leurs barbillons sont fragiles.
- Les Loricariidés (et les poissons à ventouse en général) ont la particularité d’avoir une ventouse qui leur permet de se fixer même à la verticale ou la tête en bas. Ils se retrouvent donc parfois sur les vitres et peuvent laisser une trace en broutant ce qu’il y a dessus mais ils ne « nettoient » pas les vitres à proprement parler. Cette ventouse montre que dans leur milieu naturel le courant est puissant, leur ventouse leur permet à la fois de se maintenir fermement mais également à rapper les micro-nourritures sur les supports qu’ils croisent (feuilles, roches, branches, etc.) .
En fonction de l’espèce, ils ont des besoins spécifiques à satisfaire : certains deviennent très gros (Pterygoplichthys gibbiceps qui peut dépasser les 40cm), beaucoup d’espèces sont territoriales (Ancistrus), aiment un fort courant de filtration et étant herbivores, leur alimentation doit être adaptée. Ce sont de grands pollueurs qui font beaucoup de déchets.
Il est conseillé de leur apporter un décor adapté composé de roches et de racines qui feront office de territoire et cachette (les Panaques ont obligatoirement besoin d’une racine car les fibres du bois sont essentielles à leur digestion). Végétarien, il faut introduire dans leur alimentation une part végétale par des comprimés spéciaux et/ou des légumes.
- Les Botia sont presque exclusivement vendus comme mangeurs d’escargots, ils ont une réputation parfaite. Raffolant des invertébrés, certains arborent des patrons de couleur très attrayants, ils sont devenus des poissons très populaires (on pense souvent à la Loche Clown, orange rayée de noir). Or choisir un poisson pour débarrasser notre aquarium des escargots c’est prendre le problème de leur invasion à l’envers. Les Botia ont eux aussi des besoins spécifiques à combler avant de penser à les intégrer dans nos bacs.
Ils aiment l’eau douce acide à neutre et apprécient les escargots pour de bon. Une fois qu’il n’y en aura plus il faut pouvoir continuer à leur en apporter. Une part végétale est aussi obligatoire si vous ne voulez pas voir vos plantes malmenées. Ils sont grégaires, il faut donc prendre un groupe (au moins 5/6 individus) et non un ou deux individus car ils ne vivront pas correctement.
Enfin certaines espèces deviennent très grosses tel Chromobotia macracanthus qui doit normalement atteindre les 30 cm. Devant également vivre en groupe et faisant preuve d’une énergie, un 600 litres est le minimum pour accueillir ces animaux.
Si le comportement des Botia vous fascine, dirigez-vous vers les espèces plus petites telles les Botia striata ou Botia lohachata voire Botia kubotai par exemple qui sont envisageables à partir de 300 litres.
- Les « mangeurs d’algues » sont souvent des poissons qui mangent réellement les algues (pas toujours !) mais qui sont plus délicats, plus exigeants car un aquarium ayant beaucoup d’algues n’implique pas forcément un environnement idéal pour des poissons mangeurs d’algues !
Principalement car chaque espèce à ses particularités : paramètres d’eau favoris, comportement (compatible ou non avec d’autres espèces), taille adulte, taille d’aquarium minimale et surtout, une espèce d’algue préférée.
Un poisson alguivore ne mangera pas toutes les algues, chaque espèce peut avoir sa variété d’algue de prédilection et ne mangera que celle-ci ! Certains se lassent des algues avec l’âge ou deviennent fainéants car la nourriture distribuée est plus pratique à manger.
Les principaux poissons vendus contre les algues sont :
- Les Epalzeo ou les Crossocheilus. Ces deux espèces sont souvent confondues car assez proches visuellement. Si Crossocheilus apprécie la compagnie de ses congénères et reste dans l’ensemble social, les Epalzeo sont solitaires et très caractériels. Tous les deux atteignant les 15cm et sont d’une grande vivacité. Un aquarium long et spacieux est fondamental pour une vie correcte. Ils se lassent des algues en vieillissant et ne s’intéressent qu’à certaines espèces.
- Les Otocinclus sont les plus petits poissons à ventouse de la famille des Loricariidés. Dépassant rarement les 5cm, on le vend souvent quand un problème d’algues fait son apparition. Mais ce sont des poissons prélevés en milieu naturel et assez exigeants sur la qualité de l’eau ! Si les algues les intéressent, c’est aussi pour leur faculté à renfermer une multitude de micro organismes qu’ils adorent dévorer. Or seul un aquarium déjà ancien (au moins 6 mois voire 1 an de mise en eau au minimum) contient suffisamment de ces micro organismes pour les nourrir. Ces poissons sont trop souvent introduits chez les débutants dans des aquariums où l’eau est trop calcaire et l’aquarium trop récent voire trop sale et où ils dépérissent en quelques mois.
- Le Gyrino. Ce poisson est vendu juvénile à moins de 10cm. Il ressemble un peu aux Epalzeo/Crossocheilus mais il a une ventouse. Il existe aussi une forme jaune. Ses défauts sont d’atteindre les 30cm une fois adulte et d’être très agressif. La maintenance en aquarium est délicate, ce poisson devient très imposant et son caractère implique un choix de cohabitant très judicieux. De plus il est connu pour se lasser rapidement des algues et s’investir plutôt dans la découverte de nourriture plus facile d’accès (nourriture données aux autres poissons, poisson malade, mucus sur les autres poissons, etc.) Sa particularité est de se fixer aux poissons plats (type Scalaires, Discus) et de sucer leur mucus. Il a tendance à blesser les poissons en se détachant. De plus sont sale caractère provoque souvent beaucoup de stress.
Les êtres vivants que l’ont pourrait à la rigueur qualifier de « nettoyeurs » sont les escargots, ceux dont la plupart des débutants veulent à tout prix se débarrasser. Ils ont pourtant une utilité et une population maitrisée d’escargots est un plus pour l’aquariophile et son aquarium.
Une surpopulation d’escargots est le plus souvent due à un surplus de nourriture. Si vous trouvez la cause de ce surplus et que vous y remédiez, les escargots se réguleront d’eux-mêmes. Donner moins à manger, faire plus de changements d’eau plus souvent, bien siphonner le sol, ajuster sa population si nécessaire, etc.
Conclusion
Pour terminer cet article, sachez que des solutions simples et faciles d’accès existent pour aider les débutants à surmonter leurs petits désagréments (algues, escargots, saleté, etc).
L’emploi de « poisson nettoyeur » est très souvent voué à l’échec et provoquera l’effet inverse de ce que l’on recherche en provoquant un déséquilibre de l’aquarium ou une surpopulation par l’ajout de nouveaux poissons.
Pour aller plus loin, lire l'article "Les poissons dits nettoyeurs"sur le site du forum.
Très bientôt un article sera rédigé pour détailler les soucis les plus classiques du débutant et comment les éviter ou les réparer.
« nettoyeur de fond »,
« femme de ménage »
« Mangeur d’escargots »
Et même « nettoyeurs de plantes »
Ou « Mangeurs d’algues »
Sont des appellations qu’on entend très souvent pour désigner certains poissons. Mais comment qualifier un poisson de nettoyeur ? D’où viennent ces appellations et sont-elles véridiques ?
Gros plan sur ces noms communs français entrés dans les mœurs :
Certes, ces noms sont bien plus simples à retenir et permettent au novice de visualiser plus rapidement l’animal que si on parle du nom scientifique mais ces appellations portent à confusion et peuvent induire l’aquariophile en erreur.
Si vous voyez écrit en animalerie « poisson nettoyeur », c’est un argument de vente destiné à vous faire acheter un poisson soit disant « utile » voire indispensable.
Mais aucun poisson n’est obligatoire dans un aquarium, on n’adopte que les espèces pouvant vivre correctement dans notre installation et que l’on souhaite avoir.

Présentation du Labeo bicolor comme nettoyeur en animalerie...
C'est oublier son caractère difficile et sa grande taile adulte (poisson solitaire à partir de 300 litres pour lui seul)
Mais est-ce qu’il me faut un ou des poissons nettoyeurs pour mon bac ?
Qui dit nettoyeur dit enlever les déchets or les poissons de fond ou les poissons à ventouses ne sont pas des détritivores et même s’ils se nourrissent des restes de nourriture, ils ne les font pas disparaitre puisqu’ils font également des excréments. Ils sont comme tous les autres poissons, ils ont des besoins spécifiques qu’il faut combler pour qu’ils vivent longtemps et en bonne santé.
Il faut comme pour tous les poissons se renseigner sur leur taille adulte, leur mœurs (pacifique, vivant en groupe, plutôt seul, etc.) et quels paramètres sont adéquats pour leur santé (qualité d’eau, température, etc.).
Voici quelques généralités sur les poissons très souvent qualifiés de « nettoyeurs » :
- Les Corydoras (« nettoyeurs de fond ») ont la particularité de rester presque en permanence au fond de l’aquarium pour y fouiller le sol à la recherche de nourriture. Même si cette action soulève quelques particules qui sont alors aspirées plus facilement par le filtre, leur rôle de « nettoyeur » s’arrête là, il faut les nourrir spécifiquement et faire attention à ce qu’une quantité suffisante de nourriture tombe au sol.
Ils ont besoin d’une eau douce et acide. Certains atteignent une taille honorable (entre 6 et 8cm pour les Corydoras sterbai ou Corydoras paleatus), d’autres sont des Corydoras nains naturellement (2 à 3cm maximum pour Corydoras pygameus ou Corydoras habrosus).
Tous les Corydoras sont grégaires, la vie en groupe est primordiale pour eux. Il faut prévoir 6 individus au minimum (de la même espèce) voire plus suivant l’espèce qu’on désire et la taille de l’aquarium.
Il faut faire attention à ne pas les faire cohabiter avec des poissons pouvant les malmener et penser à un sol non coupant car leurs barbillons sont fragiles.
- Les Loricariidés (et les poissons à ventouse en général) ont la particularité d’avoir une ventouse qui leur permet de se fixer même à la verticale ou la tête en bas. Ils se retrouvent donc parfois sur les vitres et peuvent laisser une trace en broutant ce qu’il y a dessus mais ils ne « nettoient » pas les vitres à proprement parler. Cette ventouse montre que dans leur milieu naturel le courant est puissant, leur ventouse leur permet à la fois de se maintenir fermement mais également à rapper les micro-nourritures sur les supports qu’ils croisent (feuilles, roches, branches, etc.) .
En fonction de l’espèce, ils ont des besoins spécifiques à satisfaire : certains deviennent très gros (Pterygoplichthys gibbiceps qui peut dépasser les 40cm), beaucoup d’espèces sont territoriales (Ancistrus), aiment un fort courant de filtration et étant herbivores, leur alimentation doit être adaptée. Ce sont de grands pollueurs qui font beaucoup de déchets.
Il est conseillé de leur apporter un décor adapté composé de roches et de racines qui feront office de territoire et cachette (les Panaques ont obligatoirement besoin d’une racine car les fibres du bois sont essentielles à leur digestion). Végétarien, il faut introduire dans leur alimentation une part végétale par des comprimés spéciaux et/ou des légumes.
- Les Botia sont presque exclusivement vendus comme mangeurs d’escargots, ils ont une réputation parfaite. Raffolant des invertébrés, certains arborent des patrons de couleur très attrayants, ils sont devenus des poissons très populaires (on pense souvent à la Loche Clown, orange rayée de noir). Or choisir un poisson pour débarrasser notre aquarium des escargots c’est prendre le problème de leur invasion à l’envers. Les Botia ont eux aussi des besoins spécifiques à combler avant de penser à les intégrer dans nos bacs.
Ils aiment l’eau douce acide à neutre et apprécient les escargots pour de bon. Une fois qu’il n’y en aura plus il faut pouvoir continuer à leur en apporter. Une part végétale est aussi obligatoire si vous ne voulez pas voir vos plantes malmenées. Ils sont grégaires, il faut donc prendre un groupe (au moins 5/6 individus) et non un ou deux individus car ils ne vivront pas correctement.
Enfin certaines espèces deviennent très grosses tel Chromobotia macracanthus qui doit normalement atteindre les 30 cm. Devant également vivre en groupe et faisant preuve d’une énergie, un 600 litres est le minimum pour accueillir ces animaux.
Si le comportement des Botia vous fascine, dirigez-vous vers les espèces plus petites telles les Botia striata ou Botia lohachata voire Botia kubotai par exemple qui sont envisageables à partir de 300 litres.
- Les « mangeurs d’algues » sont souvent des poissons qui mangent réellement les algues (pas toujours !) mais qui sont plus délicats, plus exigeants car un aquarium ayant beaucoup d’algues n’implique pas forcément un environnement idéal pour des poissons mangeurs d’algues !
Principalement car chaque espèce à ses particularités : paramètres d’eau favoris, comportement (compatible ou non avec d’autres espèces), taille adulte, taille d’aquarium minimale et surtout, une espèce d’algue préférée.
Un poisson alguivore ne mangera pas toutes les algues, chaque espèce peut avoir sa variété d’algue de prédilection et ne mangera que celle-ci ! Certains se lassent des algues avec l’âge ou deviennent fainéants car la nourriture distribuée est plus pratique à manger.
Les principaux poissons vendus contre les algues sont :
- Les Epalzeo ou les Crossocheilus. Ces deux espèces sont souvent confondues car assez proches visuellement. Si Crossocheilus apprécie la compagnie de ses congénères et reste dans l’ensemble social, les Epalzeo sont solitaires et très caractériels. Tous les deux atteignant les 15cm et sont d’une grande vivacité. Un aquarium long et spacieux est fondamental pour une vie correcte. Ils se lassent des algues en vieillissant et ne s’intéressent qu’à certaines espèces.
- Les Otocinclus sont les plus petits poissons à ventouse de la famille des Loricariidés. Dépassant rarement les 5cm, on le vend souvent quand un problème d’algues fait son apparition. Mais ce sont des poissons prélevés en milieu naturel et assez exigeants sur la qualité de l’eau ! Si les algues les intéressent, c’est aussi pour leur faculté à renfermer une multitude de micro organismes qu’ils adorent dévorer. Or seul un aquarium déjà ancien (au moins 6 mois voire 1 an de mise en eau au minimum) contient suffisamment de ces micro organismes pour les nourrir. Ces poissons sont trop souvent introduits chez les débutants dans des aquariums où l’eau est trop calcaire et l’aquarium trop récent voire trop sale et où ils dépérissent en quelques mois.
- Le Gyrino. Ce poisson est vendu juvénile à moins de 10cm. Il ressemble un peu aux Epalzeo/Crossocheilus mais il a une ventouse. Il existe aussi une forme jaune. Ses défauts sont d’atteindre les 30cm une fois adulte et d’être très agressif. La maintenance en aquarium est délicate, ce poisson devient très imposant et son caractère implique un choix de cohabitant très judicieux. De plus il est connu pour se lasser rapidement des algues et s’investir plutôt dans la découverte de nourriture plus facile d’accès (nourriture données aux autres poissons, poisson malade, mucus sur les autres poissons, etc.) Sa particularité est de se fixer aux poissons plats (type Scalaires, Discus) et de sucer leur mucus. Il a tendance à blesser les poissons en se détachant. De plus sont sale caractère provoque souvent beaucoup de stress.
Les êtres vivants que l’ont pourrait à la rigueur qualifier de « nettoyeurs » sont les escargots, ceux dont la plupart des débutants veulent à tout prix se débarrasser. Ils ont pourtant une utilité et une population maitrisée d’escargots est un plus pour l’aquariophile et son aquarium.
Une surpopulation d’escargots est le plus souvent due à un surplus de nourriture. Si vous trouvez la cause de ce surplus et que vous y remédiez, les escargots se réguleront d’eux-mêmes. Donner moins à manger, faire plus de changements d’eau plus souvent, bien siphonner le sol, ajuster sa population si nécessaire, etc.
Conclusion
Pour terminer cet article, sachez que des solutions simples et faciles d’accès existent pour aider les débutants à surmonter leurs petits désagréments (algues, escargots, saleté, etc).
L’emploi de « poisson nettoyeur » est très souvent voué à l’échec et provoquera l’effet inverse de ce que l’on recherche en provoquant un déséquilibre de l’aquarium ou une surpopulation par l’ajout de nouveaux poissons.
Pour aller plus loin, lire l'article "Les poissons dits nettoyeurs"sur le site du forum.
Très bientôt un article sera rédigé pour détailler les soucis les plus classiques du débutant et comment les éviter ou les réparer.
Dernière édition par Sychriscar le Sam 16 Juil 2011 - 16:49, édité 1 fois
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Les poissons nettoyeurs ? Une idée reçue
Une idée reçue : des poissons "nettoyeurs" en aquarium ?
Par Fraf
Par Fraf
Nous avons tous déjà entendu des préjugés sur notre passion qui ont souvent fait changer d'avis des personnes qui voulaient découvrir l'aquariophilie, en voici un : vous avez tous entendu parler de ces poissons, "nettoyeurs", ou "laveurs" censés être des auxiliaires précieux pour le nettoyage et l'entretien du bac. On vous en a certainement déjà proposé en magasin, argué cela comme un avantage indéniable de ces animaux, qui les rendent indispensable pour tout bac qui se respecte... Peut être vous êtes vous déjà laissé convaincre, et en avez-vous acheté pour ces motifs.
Voici ce qu'il en est réellement de ces espèces...
Qui sont ces "poissons-nettoyeurs"?
Si l'on en croit une idée reçue générale, il existe deux types de "poissons-nettoyeurs" : les nettoyeurs "de vitre" et les nettoyeurs "de sol".
En fait, cette idée n'est pas en soit totalement erronée : elle est simplement abusive, et mal interprétée, c'est ce qui la rend si dangereuse... D'un point de vue technique, un vendeur n'est pas en tort d'affirmer que tel ou tel poisson est un auxiliaire de nettoyage. Même si on est loin de l'idée que chacun se fait d'un poisson "nettoyeur". C'est pourquoi il importe de bien comprendre de quoi il s'agit, afin de ne pas faire d'erreur...
Les "nettoyeurs de vitres"
C'est bien connu, ces poissons se collent à la vitre et dévorent toutes les algues qui s'y trouvent, afin de les nettoyer... Accessoire indispensable de tout bon poisson nettoyeur qui se respecte : la ventouse. Et oui, vous aurez reconnu là une description approximative de nos chers Loricaridés qui tous sans exception sont susceptibles d'être commercialisés sous cette appellation...
Mais pas seulement. Certaines loches sont également dotées de ventouses, et vendues de la même façon : celles de la famille des Balitoridés (Gastromyzon et consorts), et celles de la famille des Gyrinocheilidés (le Gyrino).
Le seul vrai point commun entre toutes ces espèces, c'est la présence de la ventouse... Une petite partie, cependant, pourrait, accessoirement, remplir la fonction à laquelle on les affecte, pour peu que l'on comprenne comment, ce qui, malheureusement, est rarement le cas.
La ventouse est une adaptation des poissons qui leur permet de se fixer à leur support. Ceci est avant tout une méthode de protection et de camouflage dans un premier temps : l'animal s'identifie avec son support, afin de ne pas être remarqué, et, s'il l'est, sera de toutes façons bien difficile à déloger par un prédateur... Un Gastromyzon, par exemple, possède une telle force de succion dans la ventouse qu'il est tout simplement impossible de le déloger contre son gré, à moins de le tuer.
De cette façon, on comprend pourquoi ces poissons dédaigneront de fait les vitres de nos aquariums, où ils peuvent être vus de tous les côtés, ce qui est assez stressant. En magasin, on voit souvent de tels poissons collé après les vitres, car en surnombre, et ne disposant pas de la quantité de supports nécessaires...
La ventouse est souvent une adaptation au régime de courant où l'animal vit dans la nature... Ce sont des poissons de fond, dont le mode de vie et la morphologie font de piètres nageurs. Cette ventouse constitue du coup une bonne façon de se reposer, en se fixant sur un support pour lutter contre le courant sans s'épuiser à nager...
On remarquera d'ailleurs que la taille de la ventouse dépend du milieu d'origine : celle des poissons de courant comme les Hypancistrus ou Hemiancistrus est proportionnellement beaucoup plus grande que les Hypostomus, par exemple, qui vivent dans des eaux beaucoup plus calmes...
Champion toutes catégories, cette fois encore, les Balitoridés, qui vivent dans les torrents himalayens pour la plupart, et dont la ventouse couvre presque tout le corps...
Les "nettoyeurs de fond"
Cette catégorie encore plus hétéroclite recouvre la quasi-totalité de poissons de fond. Tous les poissons ne fréquentent pas les mêmes hauteurs d'eau, et certains, reconnaissables par la position infère de leur bouche (la bouche est placée plutôt sous la tête), se cantonnent dans les couches proches du fond. Ce sont des nageurs maladroits, passés maîtres dans l'art de se faufiler entre les éléments du fond, ou de s'y cacher. Beaucoup fréquentent le substrat, et sont capables de le fouiller, voir de s'y enfouir, comme ces charmants petits silures banjos, du genre Bunocephalus...
Ces poissons, en fait, rassemblent un vaste groupe de familles et d'espèces, et en particulier, on peut selon ces critères y ranger la quasi totalités des silures et des loches (ordre des Siluriformes, et , au sein de l'ordre des Cypriniformes, les familles des Cobitidés, Balitoridés et Gyrinocheilidés). Il en existe en réalité bien d'autres espèces, notamment certains Cyprinidés (Epalzeos et consorts).
Comme ces poissons se nourrissent près du substrat, on est tenté de penser qu'en aquarium, ils vont consommer ce qui tombe sur le fond, notamment les excédents de nourriture distribuée, et les excréments des poissons. Cela, c'est ne tenir compte que d'une partie de la vie de ces animaux : leur statut de fouisseur, en omettant notamment celui plus préoccupant de leur alimentation...
Pourquoi certains poissons ne peuvent constituer de bons nettoyeurs?
Le régime alimentaire
On l'a dit, le régime alimentaire de ces animaux va être le premier obstacle à leur statut de nettoyeur, car enfin, comment pourraient-ils constituer de bons auxiliaires de nettoyage, s'ils ne consomment pas les déchets?
De fait, à proximité du fond, où la lumière fait parfois défaut, et où l'oxygène est plus rare, la majorité des espèces rencontrées seront omnivores à dominance carnivore. La plupart des loches et silures se nourrissent de petites proies à leur échelle, qu'ils piègent près du fond, ou détectent dans le substrat. C'est là la fonction des barbillons ("moustaches") de beaucoup d'espèces, comme notamment les Corydoras.
D'un point de vue aquariophile, cela veut dire que la maintenance de ces espèces va exiger une alimentation spécifique et variée, riche notamment en proies carnées. Les vers de vase (larves du moustique Chironome) ont la faveur des aquariophiles depuis de nombreuses années, et sont bien adaptés à ce cas.
Mais cela signifie également que la taille va avoir son importance... Ce genre de poisson sera bien souvent en droit de considérer comme sa proie légitime toute créature vivante capable de passer par sa bouche. Ce qui n'est pas dramatique en soit quand on parle de petits corydoras de quelques centimètres, mais l'est beaucoup plus pour d'autres espèces, aux proportions incertaines, et bien souvent inconnues des vendeurs. La cohabitation des Botias avec de petits invertébrés est un exemple récurent de question à se poser...
Enfin, notons que la consommation d'excréments est un régime alimentaire extrêmement spécialisé, la coprophagie. Il n'existe pas, à ma connaissance, sur le marché aquariophile, une seule espèce à l'heure actuelle qui soit coprophage, même partiellement. Cela fait donc au moins une classe de déchets qu'il faudra éliminer autrement, sans compter sur sa consommation par une tierce espèce...
Concernant les espèces végétariennes, présentées comme le moyen de lutte idéal contre les algues, plusieurs choses sont à retenir : tout d'abord, végétarien ne signifie pas alguivore : bon nombre d'animaux consomment des plantes, mais dédaignent les algues ; le régime alguivore en soi est un régime alimentaire spécialisé, adopté par peu d'espèces, et qui, pour la plupart, ne consomment que certaines algues...
Bien plus fréquent, le régime alimentaire limivore est souvent appelé alguivore ou herbivore par erreur. Les poissons limivores sont nombreux, à commencer par leur chef de file, le célèbre Ancistrus... Tellement distribué dans le commerce, qu'on a fini par perdre la trace des espèces commercialisées, et les croiser pour finalement aboutir à un hybride commercial qui constitue la forme la plus vendue en magasin. Ce genre de poisson limivore consomme le tapis algaire recouvrant le substrat, ainsi que les animalcules et autres micro-organismes qui y vivent. Si les algues, du moins certaines, figurent bien au menu, il s'agit plus d'un régime alimentaire omnivore ou détritivore que réellement végétarien...
Autre constante dans la nature : les régimes végétariens sont peu nourrissants, obligeant la plupart des espèces qui les adoptent à atteindre de grandes tailles. Les poissons, malheureusement, ne font pas exception à cette règle, et beaucoup atteignent des tailles plus que respectables...
Enfin, dernier préjugé contre lequel lutter : les poissons à ventouse ne sont pas végétariens ! Ou plus exactement, ils ne le sont pas systématiquement... Par leur ressemblance avec certains poissons pouvant passer pour des nettoyeurs médiocres, on a tendance à désigner tous les poissons à ventouse comme des "laveurs de vitres"...
Cependant, on l'a vu, la ventouse n'a rien à voir avec l'alimentation, mais plutôt avec le camouflage et le courant.
Il existe parmi les poissons à ventouse des végétariens, des omnivores (la majorité), et des carnivores... L'alimentation des loricaridés couvrirait à elle seule un article entier, et n'est pas l'objet de celui-ci, mais il y a quand même de quoi avoir les poils qui se hérissent, en voyant certains poissons carnivores, quasi strictement, comme l'Hypancistrus zebra (L 046) vendus comme "très bons nettoyeurs"!!!
Il faut donc être très vigilant, quand on désire acheter ce genre de poissons...
La taille
Il y a une autre constante, qui empêche les poissons d'être de bons nettoyeurs, c'est la taille. Les forums aquariophiles regorgent de sujets demandant conseil pour gérer un pléco devenu trop grand, ou faisant réclamation à propos de la taille litigieuse d'un epalzeo.
C'est un fait, peu de poissons de fond sont assez petits pour convenir à l'aquariophile moyen, et ceux qui le sont sont rarement d'une maintenance aisée ou fréquemment accessibles sur le marché...
Il faut donc prendre en compte la taille dans l'achat d'un poisson de fond, comme pour tout poisson, d'ailleurs : le volume nécessaire pourra varier, surtout si l'espèce a besoin de vivre en groupe ; le régime alimentaire pourra varier, si la quantité de nourriture disponible n'est pas suffisante. De même pour le comportement : les cas rapportés de Gyrino devenu agressif en grandissant et tuant les autres poissons sont légions.
De plus, un poisson de grande taille pollue beaucoup ; on entre alors dans un cercle vicieux, car même avec un herbivore acceptable, comme un pléco, qui va manger une bonne partie des algues présente, la pollution engendrée va provoquer une augmentation de la quantité d'azote dans le bac, ce qui se traduit par... une explosion d'algues.
Au final, le "remède" est bien souvent pire que le mal.
Ces poissons ont donc de nombreux défauts, du moins en ce qui concerne leur statut de nettoyeurs ; leur maintenance est par ailleurs particulièrement intéressante, si elle se fait dans des conditions satisfaisantes.
La vraie solution pour un bac propre : vers un aquarium équilibré
Avoir un bac équilibré devrait être la préoccupation majeure de tout bon aquariophile. Avoir un bac équilibré, cela veut dire prendre en compte les besoins et les limites de chaque espèce du bac. Cela veut dire avoir une réponse adaptée à un problème donné.
Ainsi, au problème de l'apparition d'algues dans un bac déjà rôdé, la solution n'est souvent pas l'introduction d'un nouveau poisson censé les éradiquer, mais plutôt une remise en cause de l'éclairage, de la plantation...
Dans un bac équilibré, où chaque poisson a été pensé afin de ne pas polluer plus que le nécessaire, afin de se sentir bien, et d'être maintenu dans des conditions satisfaisantes, certains poissons peuvent effectivement constituer de précieux auxiliaires.
Cela n'est souvent possible que dans un bac d'assez grande dimension, dont le volume confère une certaine inertie.
Les corydoras, par exemple, sans pour autant se nourrir des déchets tombés au fond, vont remuer le moulme lorsqu’ils chercheront de la nourriture. Ils remettront ainsi en suspension des particules qui pourront être reprises par le filtre.
Certains poissons vont effectivement consommer des algues en petites quantités, luttant contre leur prolifération, mais sans les éradiquer. Et tant mieux. Car si on considère des poissons qui se nourriraient effectivement d'algues, la disparition de leur source de nourriture entrainerait leur mort...
Un bac équilibré n'est pas un bac "propre" et aseptisé. C'est un bac où plantes et animaux s'épanouissent dans le domaine du raisonnable, y compris certaines espèces trop souvent considérées comme indésirables, comme les algues et les escargots. Le tout est d'éviter d'être envahi, sans pour autant éradiquer. Tout est dans le dosage, c'est une question d'équilibre...
Vrais et faux nettoyeurs
Après ce discours fort théorique, une petite liste (heureusement non exhaustive) des espèces les plus fréquemment proposées dans le commerce en tant que nettoyeurs, avec leurs qualités et leurs défauts ; et une petite liste des poissons qui pourraient éventuellement constituer des éléments appréciables d'un bac équilibré, sous certaines conditions.
L'Ancistrus, sous toutes ses formes, est souvent proposé comme le nettoyeur par excellence. En fait, un limivore plus qu'un alguivore. Territorial [...] ; participe à l'élimination des algues en excès (sans les éradiquer); nécessite une alimentation spécifique; gros pollueur. Le cas de l'ancistrus pose à certains des problème éthiques (maintenance dans des conditions inadéquates, hybridations et tares fixées à l'origine de nouvelles formes.)
Le pléco est souvent proposé beaucoup moins cher que l'ancistrus, car son élevage est plus rentable. Meilleur alguivore, son principal inconvénient est sa taille (minimum 25 à 30 cm adulte, selon les espèces.) Gros pollueur, ne convient pas à un bac de moins de 300 L (pour les plus petites espèces). Ne convient absolument pas au bassin !
Le gibbiceps, très similaire au pléco, présente un patron de couleurs plus attrayant. Il est parfois vendu sous le nom de pléco. Mêmes caractéristiques que le pléco, mais beaucoup plus grand. Avec ses 60 bons centimètres, un bac inférieur à 600 L ne lui convient pas.
Les épalzéos, comme les siamensis, les labéos. On en trouve environ quatre ou cinq espèces fréquemment proposées dans le commerce. Ce sont des limivores, et accessoirement bons consommateurs d'algues, qu'il broutent fréquemment, bien qu'ils n'aient pas de ventouse. On sous-estime souvent la taille de ces espèces; il faut compter une bonne quinzaine de cm pour la plupart, et très territoriaux. Un bac de 200L sera le minimum pour eux.
Les Corydoras, ainsi que les espèces apparentées, Brochis et Aspidoras. La plupart sont des poissons de fond (à part quelques espèces de pleine eau), et la maintenance est similaire pour les différentes espèces. Ce sont des poissons fouisseurs, qui remuent les sédiments déposés sur le fond de part leur activité de fouille incessante. Il faut garder à l'esprit qu'ils ne consomment pas les déchets, et qu'il faut donc les nourrir convenablement (comprimés et vers de vase). Attention aussi à la qualité du sol, qui risque de leur abîmer les barbillons. Même s'ils ne nettoient pas le fond, les corydoras constituent de bons auxiliaires de nettoyage, en remettant en suspension les sédiments déposés.
Les Botias sont souvent vendus comme des "mangeurs d'escargots" ; on pourrait discuter longtemps de l'importance de garder ses escargots dans son bac ; effectivement, ils peuvent, comme d'autres espèces, participer à une régulation de population, mais sans envisager, encore une fois, une éradication. Le plus gros défaut à prendre en compte lors de l'achat des botias, c'est le caractère grégaire, et surtout la taille. Tous les botias vivent en banc. Le botia macracantha, le plus souvent vendu en animalerie, atteint 25 centimètres pour les vieux mâles. [...] Il existe d'autres espèces, plus petites, comme le striata, ou le lohachata, relativement fréquents [...]. Enfin, assez cher, et peu courant, garder en tête le botia nain, Botia sidthimunki, très agréable, et pour lequel on pourra envisager des bacs à partir de 80L.
A l'inverse, certaines espèces moins connues présentent des qualités qui peuvent leur valoir d'être accessoirement proposées comme "nettoyeurs" :
Les otocinclus font partie des quelques vraies espèces réellement alguivores, ce qui leur vaut tout naturellement d'être proposés comme "nettoyeurs de vitres" ; de plus, leur petite taille est argument de vente pour les petits bac. Si proposer de vraies espèces alguivores en tant que nettoyeurs est tout à l'honneur du vendeur, il faut cependant savoir que cela ne fait pas tout.
Les otocinclus sont des poissons à la maintenance très délicate. Particulièrement sensibles à la pollution, ils ne pourront être introduits que dans des bacs bien rôdés, en eau depuis longtemps, et présentant une quantité d'algues non négligeable.
Un point à ne surtout pas négliger : tous les otocinclus sont des poissons grégaires qui DOIVENT VIVRE EN BANC !
Prévoir d'acheter le banc en une seule fois, d'une part pour faciliter l'acclimatation, et d'autre part parce que les otocinclus sont des espèces difficiles à identifier : il est peu probable que le vendeur puisse être réellement sûr du nom de l'espèce proposée, et encore plus improbable de pouvoir retrouver ultérieurement exactement la même espèce. Les otocinclus présentent de nombreuses espèces, dont certaines au patron de coloration très attractive. Il faut prévoir au minimum un volume de 60 ou 80L pour les Otocinclus, Parotocinclus ou Nanoptopoma, et à partir de 120L pour les Hypoptopoma, plus délicats...
Et les invertébrés?
On l'a vu, quelques espèces, en dépit des a priori, pourraient cependant constituer des auxiliaires de nettoyage acceptables, pour peu qu'on leur consacre un volume tout de même relativement important. Devant ce constat, certains aquariophiles ont cherché leurs auxiliaires de nettoyage dans des espèces autres que les poissons et se sont tournés vers les invertébrés. On a tous en tête les mini-bacs de Takeshi Amano, et ses "crevettes nettoyeuses", les Caridina japonica, depuis surnommées par ailleurs "crevettes Amano"...
Le hobby des invertébrés d'eau douce est en plein boom, et les nouvelles espèces de crevettes, d'écrevisses, et d'escargots, se développent très rapidement.
Les escargots, autrefois considérés comme des nuisibles disgracieux à éradiquer, ont notamment vu leur côte de popularité remonter, puisque non seulement des espèces se sont vues élevées et commercialisées de par des critères esthétiques, mais mêmes les hôtes habituels de nos bacs, physes, malais et planorbe ont vu leur statut reconsidéré, et la plupart des aquariophiles les acceptent dans leur bacs et leur reconnaissent aujourd'hui leur utilité. Prions pour qu'un jour les algues connaissent ce même sort, et qu'on cherche plus à les comprendre et les réguler qu'à les faire disparaître systématiquement.
Les invertébrés comptent un bon nombre d'espèces herbivores ou alguivores (crevettes et écrevisses), détritivores ou omnivores (escargots...), ou encore charognards (crabes, écrevisses), par ailleurs compatibles avec l'aquarium, et qui peuvent donc en constituer des éléments appréciables. Il faut garder à l'esprit que, comme les poissons, ces animaux ne s'épanouiront que dans un bac prévu pour eux, et ne peuvent se satisfaire de seulement "faire le ménage".
La batterie d'espèces et de variétés aujourd'hui disponible en aquariophilie offre le choix sur de nombreux animaux qui peuvent, par ailleurs, rendre de menus services à l'aquariophile dans ce qu'il considère comme l'entretien du bac. Ces menus services, en fait, ne sont que le reflet de l'intégration à un système complexe d'interactions, qui tend à équilibrer l'aquarium. En dépit de tout ce qu'un animal peut faire économiser à l'aquariophile comme temps et comme travail, une espèce ne devrait jamais être choisie qu'en considération de ses besoins, et après avoir réfléchi au problème de sa maintenance.
Le jour où chacun saura réfléchir ses problèmes en termes d'équilibre ou de déséquilibre de l'aquarium, plutôt qu'en problématique et remédiation, l'aquariophilie aura fait un grand pas...
Voici ce qu'il en est réellement de ces espèces...
Qui sont ces "poissons-nettoyeurs"?
Si l'on en croit une idée reçue générale, il existe deux types de "poissons-nettoyeurs" : les nettoyeurs "de vitre" et les nettoyeurs "de sol".
En fait, cette idée n'est pas en soit totalement erronée : elle est simplement abusive, et mal interprétée, c'est ce qui la rend si dangereuse... D'un point de vue technique, un vendeur n'est pas en tort d'affirmer que tel ou tel poisson est un auxiliaire de nettoyage. Même si on est loin de l'idée que chacun se fait d'un poisson "nettoyeur". C'est pourquoi il importe de bien comprendre de quoi il s'agit, afin de ne pas faire d'erreur...
Les "nettoyeurs de vitres"
C'est bien connu, ces poissons se collent à la vitre et dévorent toutes les algues qui s'y trouvent, afin de les nettoyer... Accessoire indispensable de tout bon poisson nettoyeur qui se respecte : la ventouse. Et oui, vous aurez reconnu là une description approximative de nos chers Loricaridés qui tous sans exception sont susceptibles d'être commercialisés sous cette appellation...
Mais pas seulement. Certaines loches sont également dotées de ventouses, et vendues de la même façon : celles de la famille des Balitoridés (Gastromyzon et consorts), et celles de la famille des Gyrinocheilidés (le Gyrino).
Le seul vrai point commun entre toutes ces espèces, c'est la présence de la ventouse... Une petite partie, cependant, pourrait, accessoirement, remplir la fonction à laquelle on les affecte, pour peu que l'on comprenne comment, ce qui, malheureusement, est rarement le cas.
La ventouse est une adaptation des poissons qui leur permet de se fixer à leur support. Ceci est avant tout une méthode de protection et de camouflage dans un premier temps : l'animal s'identifie avec son support, afin de ne pas être remarqué, et, s'il l'est, sera de toutes façons bien difficile à déloger par un prédateur... Un Gastromyzon, par exemple, possède une telle force de succion dans la ventouse qu'il est tout simplement impossible de le déloger contre son gré, à moins de le tuer.
De cette façon, on comprend pourquoi ces poissons dédaigneront de fait les vitres de nos aquariums, où ils peuvent être vus de tous les côtés, ce qui est assez stressant. En magasin, on voit souvent de tels poissons collé après les vitres, car en surnombre, et ne disposant pas de la quantité de supports nécessaires...
La ventouse est souvent une adaptation au régime de courant où l'animal vit dans la nature... Ce sont des poissons de fond, dont le mode de vie et la morphologie font de piètres nageurs. Cette ventouse constitue du coup une bonne façon de se reposer, en se fixant sur un support pour lutter contre le courant sans s'épuiser à nager...
On remarquera d'ailleurs que la taille de la ventouse dépend du milieu d'origine : celle des poissons de courant comme les Hypancistrus ou Hemiancistrus est proportionnellement beaucoup plus grande que les Hypostomus, par exemple, qui vivent dans des eaux beaucoup plus calmes...
Champion toutes catégories, cette fois encore, les Balitoridés, qui vivent dans les torrents himalayens pour la plupart, et dont la ventouse couvre presque tout le corps...
Les "nettoyeurs de fond"
Cette catégorie encore plus hétéroclite recouvre la quasi-totalité de poissons de fond. Tous les poissons ne fréquentent pas les mêmes hauteurs d'eau, et certains, reconnaissables par la position infère de leur bouche (la bouche est placée plutôt sous la tête), se cantonnent dans les couches proches du fond. Ce sont des nageurs maladroits, passés maîtres dans l'art de se faufiler entre les éléments du fond, ou de s'y cacher. Beaucoup fréquentent le substrat, et sont capables de le fouiller, voir de s'y enfouir, comme ces charmants petits silures banjos, du genre Bunocephalus...
Ces poissons, en fait, rassemblent un vaste groupe de familles et d'espèces, et en particulier, on peut selon ces critères y ranger la quasi totalités des silures et des loches (ordre des Siluriformes, et , au sein de l'ordre des Cypriniformes, les familles des Cobitidés, Balitoridés et Gyrinocheilidés). Il en existe en réalité bien d'autres espèces, notamment certains Cyprinidés (Epalzeos et consorts).
Comme ces poissons se nourrissent près du substrat, on est tenté de penser qu'en aquarium, ils vont consommer ce qui tombe sur le fond, notamment les excédents de nourriture distribuée, et les excréments des poissons. Cela, c'est ne tenir compte que d'une partie de la vie de ces animaux : leur statut de fouisseur, en omettant notamment celui plus préoccupant de leur alimentation...
Pourquoi certains poissons ne peuvent constituer de bons nettoyeurs?
Le régime alimentaire
On l'a dit, le régime alimentaire de ces animaux va être le premier obstacle à leur statut de nettoyeur, car enfin, comment pourraient-ils constituer de bons auxiliaires de nettoyage, s'ils ne consomment pas les déchets?
De fait, à proximité du fond, où la lumière fait parfois défaut, et où l'oxygène est plus rare, la majorité des espèces rencontrées seront omnivores à dominance carnivore. La plupart des loches et silures se nourrissent de petites proies à leur échelle, qu'ils piègent près du fond, ou détectent dans le substrat. C'est là la fonction des barbillons ("moustaches") de beaucoup d'espèces, comme notamment les Corydoras.
D'un point de vue aquariophile, cela veut dire que la maintenance de ces espèces va exiger une alimentation spécifique et variée, riche notamment en proies carnées. Les vers de vase (larves du moustique Chironome) ont la faveur des aquariophiles depuis de nombreuses années, et sont bien adaptés à ce cas.
Mais cela signifie également que la taille va avoir son importance... Ce genre de poisson sera bien souvent en droit de considérer comme sa proie légitime toute créature vivante capable de passer par sa bouche. Ce qui n'est pas dramatique en soit quand on parle de petits corydoras de quelques centimètres, mais l'est beaucoup plus pour d'autres espèces, aux proportions incertaines, et bien souvent inconnues des vendeurs. La cohabitation des Botias avec de petits invertébrés est un exemple récurent de question à se poser...
Enfin, notons que la consommation d'excréments est un régime alimentaire extrêmement spécialisé, la coprophagie. Il n'existe pas, à ma connaissance, sur le marché aquariophile, une seule espèce à l'heure actuelle qui soit coprophage, même partiellement. Cela fait donc au moins une classe de déchets qu'il faudra éliminer autrement, sans compter sur sa consommation par une tierce espèce...
Concernant les espèces végétariennes, présentées comme le moyen de lutte idéal contre les algues, plusieurs choses sont à retenir : tout d'abord, végétarien ne signifie pas alguivore : bon nombre d'animaux consomment des plantes, mais dédaignent les algues ; le régime alguivore en soi est un régime alimentaire spécialisé, adopté par peu d'espèces, et qui, pour la plupart, ne consomment que certaines algues...
Bien plus fréquent, le régime alimentaire limivore est souvent appelé alguivore ou herbivore par erreur. Les poissons limivores sont nombreux, à commencer par leur chef de file, le célèbre Ancistrus... Tellement distribué dans le commerce, qu'on a fini par perdre la trace des espèces commercialisées, et les croiser pour finalement aboutir à un hybride commercial qui constitue la forme la plus vendue en magasin. Ce genre de poisson limivore consomme le tapis algaire recouvrant le substrat, ainsi que les animalcules et autres micro-organismes qui y vivent. Si les algues, du moins certaines, figurent bien au menu, il s'agit plus d'un régime alimentaire omnivore ou détritivore que réellement végétarien...
Autre constante dans la nature : les régimes végétariens sont peu nourrissants, obligeant la plupart des espèces qui les adoptent à atteindre de grandes tailles. Les poissons, malheureusement, ne font pas exception à cette règle, et beaucoup atteignent des tailles plus que respectables...
Enfin, dernier préjugé contre lequel lutter : les poissons à ventouse ne sont pas végétariens ! Ou plus exactement, ils ne le sont pas systématiquement... Par leur ressemblance avec certains poissons pouvant passer pour des nettoyeurs médiocres, on a tendance à désigner tous les poissons à ventouse comme des "laveurs de vitres"...
Cependant, on l'a vu, la ventouse n'a rien à voir avec l'alimentation, mais plutôt avec le camouflage et le courant.
Il existe parmi les poissons à ventouse des végétariens, des omnivores (la majorité), et des carnivores... L'alimentation des loricaridés couvrirait à elle seule un article entier, et n'est pas l'objet de celui-ci, mais il y a quand même de quoi avoir les poils qui se hérissent, en voyant certains poissons carnivores, quasi strictement, comme l'Hypancistrus zebra (L 046) vendus comme "très bons nettoyeurs"!!!
Il faut donc être très vigilant, quand on désire acheter ce genre de poissons...
La taille
Il y a une autre constante, qui empêche les poissons d'être de bons nettoyeurs, c'est la taille. Les forums aquariophiles regorgent de sujets demandant conseil pour gérer un pléco devenu trop grand, ou faisant réclamation à propos de la taille litigieuse d'un epalzeo.
C'est un fait, peu de poissons de fond sont assez petits pour convenir à l'aquariophile moyen, et ceux qui le sont sont rarement d'une maintenance aisée ou fréquemment accessibles sur le marché...
Il faut donc prendre en compte la taille dans l'achat d'un poisson de fond, comme pour tout poisson, d'ailleurs : le volume nécessaire pourra varier, surtout si l'espèce a besoin de vivre en groupe ; le régime alimentaire pourra varier, si la quantité de nourriture disponible n'est pas suffisante. De même pour le comportement : les cas rapportés de Gyrino devenu agressif en grandissant et tuant les autres poissons sont légions.
De plus, un poisson de grande taille pollue beaucoup ; on entre alors dans un cercle vicieux, car même avec un herbivore acceptable, comme un pléco, qui va manger une bonne partie des algues présente, la pollution engendrée va provoquer une augmentation de la quantité d'azote dans le bac, ce qui se traduit par... une explosion d'algues.
Au final, le "remède" est bien souvent pire que le mal.
Ces poissons ont donc de nombreux défauts, du moins en ce qui concerne leur statut de nettoyeurs ; leur maintenance est par ailleurs particulièrement intéressante, si elle se fait dans des conditions satisfaisantes.
La vraie solution pour un bac propre : vers un aquarium équilibré
Avoir un bac équilibré devrait être la préoccupation majeure de tout bon aquariophile. Avoir un bac équilibré, cela veut dire prendre en compte les besoins et les limites de chaque espèce du bac. Cela veut dire avoir une réponse adaptée à un problème donné.
Ainsi, au problème de l'apparition d'algues dans un bac déjà rôdé, la solution n'est souvent pas l'introduction d'un nouveau poisson censé les éradiquer, mais plutôt une remise en cause de l'éclairage, de la plantation...
Dans un bac équilibré, où chaque poisson a été pensé afin de ne pas polluer plus que le nécessaire, afin de se sentir bien, et d'être maintenu dans des conditions satisfaisantes, certains poissons peuvent effectivement constituer de précieux auxiliaires.
Cela n'est souvent possible que dans un bac d'assez grande dimension, dont le volume confère une certaine inertie.
Les corydoras, par exemple, sans pour autant se nourrir des déchets tombés au fond, vont remuer le moulme lorsqu’ils chercheront de la nourriture. Ils remettront ainsi en suspension des particules qui pourront être reprises par le filtre.
Certains poissons vont effectivement consommer des algues en petites quantités, luttant contre leur prolifération, mais sans les éradiquer. Et tant mieux. Car si on considère des poissons qui se nourriraient effectivement d'algues, la disparition de leur source de nourriture entrainerait leur mort...
Un bac équilibré n'est pas un bac "propre" et aseptisé. C'est un bac où plantes et animaux s'épanouissent dans le domaine du raisonnable, y compris certaines espèces trop souvent considérées comme indésirables, comme les algues et les escargots. Le tout est d'éviter d'être envahi, sans pour autant éradiquer. Tout est dans le dosage, c'est une question d'équilibre...
Vrais et faux nettoyeurs
Après ce discours fort théorique, une petite liste (heureusement non exhaustive) des espèces les plus fréquemment proposées dans le commerce en tant que nettoyeurs, avec leurs qualités et leurs défauts ; et une petite liste des poissons qui pourraient éventuellement constituer des éléments appréciables d'un bac équilibré, sous certaines conditions.
L'Ancistrus, sous toutes ses formes, est souvent proposé comme le nettoyeur par excellence. En fait, un limivore plus qu'un alguivore. Territorial [...] ; participe à l'élimination des algues en excès (sans les éradiquer); nécessite une alimentation spécifique; gros pollueur. Le cas de l'ancistrus pose à certains des problème éthiques (maintenance dans des conditions inadéquates, hybridations et tares fixées à l'origine de nouvelles formes.)
Le pléco est souvent proposé beaucoup moins cher que l'ancistrus, car son élevage est plus rentable. Meilleur alguivore, son principal inconvénient est sa taille (minimum 25 à 30 cm adulte, selon les espèces.) Gros pollueur, ne convient pas à un bac de moins de 300 L (pour les plus petites espèces). Ne convient absolument pas au bassin !
Le gibbiceps, très similaire au pléco, présente un patron de couleurs plus attrayant. Il est parfois vendu sous le nom de pléco. Mêmes caractéristiques que le pléco, mais beaucoup plus grand. Avec ses 60 bons centimètres, un bac inférieur à 600 L ne lui convient pas.
Les épalzéos, comme les siamensis, les labéos. On en trouve environ quatre ou cinq espèces fréquemment proposées dans le commerce. Ce sont des limivores, et accessoirement bons consommateurs d'algues, qu'il broutent fréquemment, bien qu'ils n'aient pas de ventouse. On sous-estime souvent la taille de ces espèces; il faut compter une bonne quinzaine de cm pour la plupart, et très territoriaux. Un bac de 200L sera le minimum pour eux.
Les Corydoras, ainsi que les espèces apparentées, Brochis et Aspidoras. La plupart sont des poissons de fond (à part quelques espèces de pleine eau), et la maintenance est similaire pour les différentes espèces. Ce sont des poissons fouisseurs, qui remuent les sédiments déposés sur le fond de part leur activité de fouille incessante. Il faut garder à l'esprit qu'ils ne consomment pas les déchets, et qu'il faut donc les nourrir convenablement (comprimés et vers de vase). Attention aussi à la qualité du sol, qui risque de leur abîmer les barbillons. Même s'ils ne nettoient pas le fond, les corydoras constituent de bons auxiliaires de nettoyage, en remettant en suspension les sédiments déposés.
Les Botias sont souvent vendus comme des "mangeurs d'escargots" ; on pourrait discuter longtemps de l'importance de garder ses escargots dans son bac ; effectivement, ils peuvent, comme d'autres espèces, participer à une régulation de population, mais sans envisager, encore une fois, une éradication. Le plus gros défaut à prendre en compte lors de l'achat des botias, c'est le caractère grégaire, et surtout la taille. Tous les botias vivent en banc. Le botia macracantha, le plus souvent vendu en animalerie, atteint 25 centimètres pour les vieux mâles. [...] Il existe d'autres espèces, plus petites, comme le striata, ou le lohachata, relativement fréquents [...]. Enfin, assez cher, et peu courant, garder en tête le botia nain, Botia sidthimunki, très agréable, et pour lequel on pourra envisager des bacs à partir de 80L.
A l'inverse, certaines espèces moins connues présentent des qualités qui peuvent leur valoir d'être accessoirement proposées comme "nettoyeurs" :
Les otocinclus font partie des quelques vraies espèces réellement alguivores, ce qui leur vaut tout naturellement d'être proposés comme "nettoyeurs de vitres" ; de plus, leur petite taille est argument de vente pour les petits bac. Si proposer de vraies espèces alguivores en tant que nettoyeurs est tout à l'honneur du vendeur, il faut cependant savoir que cela ne fait pas tout.
Les otocinclus sont des poissons à la maintenance très délicate. Particulièrement sensibles à la pollution, ils ne pourront être introduits que dans des bacs bien rôdés, en eau depuis longtemps, et présentant une quantité d'algues non négligeable.
Un point à ne surtout pas négliger : tous les otocinclus sont des poissons grégaires qui DOIVENT VIVRE EN BANC !
Prévoir d'acheter le banc en une seule fois, d'une part pour faciliter l'acclimatation, et d'autre part parce que les otocinclus sont des espèces difficiles à identifier : il est peu probable que le vendeur puisse être réellement sûr du nom de l'espèce proposée, et encore plus improbable de pouvoir retrouver ultérieurement exactement la même espèce. Les otocinclus présentent de nombreuses espèces, dont certaines au patron de coloration très attractive. Il faut prévoir au minimum un volume de 60 ou 80L pour les Otocinclus, Parotocinclus ou Nanoptopoma, et à partir de 120L pour les Hypoptopoma, plus délicats...
Et les invertébrés?
On l'a vu, quelques espèces, en dépit des a priori, pourraient cependant constituer des auxiliaires de nettoyage acceptables, pour peu qu'on leur consacre un volume tout de même relativement important. Devant ce constat, certains aquariophiles ont cherché leurs auxiliaires de nettoyage dans des espèces autres que les poissons et se sont tournés vers les invertébrés. On a tous en tête les mini-bacs de Takeshi Amano, et ses "crevettes nettoyeuses", les Caridina japonica, depuis surnommées par ailleurs "crevettes Amano"...
Le hobby des invertébrés d'eau douce est en plein boom, et les nouvelles espèces de crevettes, d'écrevisses, et d'escargots, se développent très rapidement.
Les escargots, autrefois considérés comme des nuisibles disgracieux à éradiquer, ont notamment vu leur côte de popularité remonter, puisque non seulement des espèces se sont vues élevées et commercialisées de par des critères esthétiques, mais mêmes les hôtes habituels de nos bacs, physes, malais et planorbe ont vu leur statut reconsidéré, et la plupart des aquariophiles les acceptent dans leur bacs et leur reconnaissent aujourd'hui leur utilité. Prions pour qu'un jour les algues connaissent ce même sort, et qu'on cherche plus à les comprendre et les réguler qu'à les faire disparaître systématiquement.
Les invertébrés comptent un bon nombre d'espèces herbivores ou alguivores (crevettes et écrevisses), détritivores ou omnivores (escargots...), ou encore charognards (crabes, écrevisses), par ailleurs compatibles avec l'aquarium, et qui peuvent donc en constituer des éléments appréciables. Il faut garder à l'esprit que, comme les poissons, ces animaux ne s'épanouiront que dans un bac prévu pour eux, et ne peuvent se satisfaire de seulement "faire le ménage".
La batterie d'espèces et de variétés aujourd'hui disponible en aquariophilie offre le choix sur de nombreux animaux qui peuvent, par ailleurs, rendre de menus services à l'aquariophile dans ce qu'il considère comme l'entretien du bac. Ces menus services, en fait, ne sont que le reflet de l'intégration à un système complexe d'interactions, qui tend à équilibrer l'aquarium. En dépit de tout ce qu'un animal peut faire économiser à l'aquariophile comme temps et comme travail, une espèce ne devrait jamais être choisie qu'en considération de ses besoins, et après avoir réfléchi au problème de sa maintenance.
Le jour où chacun saura réfléchir ses problèmes en termes d'équilibre ou de déséquilibre de l'aquarium, plutôt qu'en problématique et remédiation, l'aquariophilie aura fait un grand pas...
Article original sur Loricaridés.fr
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